Interventions au conseil municipal du 19 décembre 2024
Anne-Marie de Longevialle
Merci cher collègue pour votre exposé.
Nous avons toute une série de chiffres intéressants à plus d’un titre, mais ils nous sont fournis sans analyse, j’en ai regardé certains mais rassurez-vous je ne vais pas analyser tous les tableaux. De chiffres normalement découlent une politique, des axes de priorité ce que l’on ne voit pas ressortir du rapport
Ce qui frappe en regardant le rapport social c’est l’important changement dans la structure démographique de la ville depuis 2010 , ville qui perd 360 habitants en 10 ans, même s’il faut le reconnaitre cela s’améliore depuis 2015. Toutefois sur 10 ans on voit une ville qui vieillit et sans rebond sur 2015, ce qui laisse penser que le rebond sur les dernières années se fait sur les tranches les plus âgées.
- 10% sur les – de 14 ans
- -8.6% sur les 15/25 ans
- -11% sur les 30 /44 ans
- +1.5% sur les 15/59 ans
- +2 % sur les 60/74 ans
- +2% sur les + de 75 ans
Les plus de 60 ans représentent 23.6% contre 18.9% en 2010 et les moins de 25 ans représentent 34.7% contre 37.9%
Si on regarde la structure par CSP, la ville s’embourgeoise, moins d’ouvriers et de profession intermédiaire et plus de CSP +
Au niveau de la répartition par famille, on note une hausse des ménages d’une personne et une baisse des familles . On peut corréler cette baisse des familles avec la baisse des grands logements
Certes la natalité baisse en France mais surtout ces dernières années et on vit plus longtemps mais ces tendances sont encore plus fortes sur notre ville, la ville vieillit, que fait-on ? On s’adapte, une ville plus âgée demande plus de soins mais moins d’écoles, d’activités sportives, elle est plus « ‘posée », moins dans la rue sans vouloir caricaturer, on vote plus dans les tranches les plus âgées et dans des positions politiques plus centrales ou au contraire on réagit et on fait en sorte de rendre notre ville plus agréable, plus vivante et plus logeable pour les plus jeunes et les familles.
Je pense que la ville veut plutôt s’adapter et veut répondre aux besoins des plus anciens, dommage que l’espace senior a pris du retard et soit installé dans une zone plus difficilement accessible que vers l’hôtel de ville, cet espace sera encore plus difficilement accessible si on va jusqu’au bout du projet de suppression de la passerelle.
Donc bien sur la ville remplie ses obligations dans plusieurs axes, c’est son rôle et on peut féliciter ceux qui agissent au quotidien pour apporter aide et conseils
J’ai toutefois quelques remarques à formuler.
On peut regretter que la conseillère en économie sociale et familiale du CCAS ne soit qu’à temps partiel depuis mai 2023 à la suite d’un congé maternité, est-ce toujours le cas, une personne à temps plein pourrait agir surement plus en amont des difficultés,0.5 etp c’est peu ? Je vois un autre poste à mi-temps pour le logement, est-ce la même personne ? on voit que des mesures ont été suspendues pendant le congé maternité de la conseillère, c’est vraiment regrettable.
Le travail qui est fait sur les logements passerelles est tout à fait bénéfique, serait-il possible d’augmenter le parc avec les nouveaux programmes ?
Le bilan des attributions nous montre que 20 logements en moins ont été attribués entre 2022 et 2023 , savons-nous pourquoi ?
Avoir un stock de demandes et un flux par typologie c’est bien mais regarder combien les demandes satisfaites par typologie est intéressant
F1 | f2 | F3 | f4 | F5 | |
stock | 152 | 180 | 164 | 102 | 25 |
flux | 13 | 45 | 26 | 20 | 1 |
9% | 25% | 16% | 20% | 4% |
On se rend compte que ce sont les toutes petites surfaces et les très grandes qui sont les moins satisfaites. On peut corréler cela avec mes constations préliminaires, tout se tient.
Pour information, la résidence appartient à Adoma et non pas CDC Habitat
Réponses du Maire : difficile de trouver des remplacements, pénurie dans les métiers du soin.« ce rapport est remarquable » , peut être perfectible au niveau des tarifs , il nous manque des logements sociaux, logement passerelle, les situations sont complexes mais on peut faire passer des dossiers en priorité , le « vivre ensemble marche bien, une poubelle cassée, un abri bus, un tir de mortier, contrairement aux autres villes, donc comme d’habitude beaucoup d’autosatisfaction.
- Jean Duplex
Comme chaque année le rapport social nous est présenté et je m’interroge sur ce que je vais dire qui n’ait pas déjà été dit puisque si peu de choses bougent. Comme chaque année, nous entendons votre autosatisfaction sur ce qui est fait mais en matière sociale, je prétends qu’il vaut mieux s’alarmer de ce qui n’est pas fait que de se réjouir de ce qui est fait. C’est là notre différence et je vais tenter de vous le montrer avec deux zooms dans le domaine « Inégalités sociales » et du « logement » :
Dans le domaine « Inégalités sociales »
Nous pouvons lire que les aides du CCAS auront été en 2023 de 12 566,42 € pour 33 ménages soit en moyenne 273,18 € par ménage et par an. Vous en êtes satisfaits ?
Alors rappelons-nous qu’à Sèvres
- Le taux de personnes vivant en deçà du seuil de pauvreté1 a atteint 9% et ça ne baisse pas (il était de 8% en 2020) ! soit plus de 1300 Sévriens sur 15000 actifs
- Le taux de Chômage a progressé en dix ans de + 1,5%, soit 7,7% de la population active soit environ 1100 personnes dont 40% sont sans diplôme ou avec un diplôme de bas niveau. Ce sont des chômeurs qui sont donc dans les couches sociales basses et vraisemblablement pauvres.
- En parallèle en toujours en dix ans, on constate une baisse d’1/3 des naissances domiciliées à Sèvres : on vit donc moins bien à Sèvres car ça coute cher et que le soutien public est faible : par exemple, il n’y a toujours pas de pôle santé
Alors comment peut-on se satisfaire de 12 566,42 € pour 33 ménages ? Sommes-nous dans une ville défavorisée d’une banlieue oubliée des élites ? 12 566,42 €, ce n’est juste pas le bon chiffre.
- Non, la solidarité ce n’est pas que de l’urgence, c’est ou ça devrait être un droit. Ça nous oppose.
Mais tout ça, je vous l’avais déjà dit en 2020– alors est-ce vraiment la même chose qu’en 2020 ? oui et non :
- « Oui » car vous vous contentez d’un système qui n’évolue pas et que vous n’avez pas l’ambition de changer
- Mais aussi « Non » car vous l’aggravez. En effet, il y a, ici, de nombreuses personnes qui ont officiellement soutenu la candidate macaroniste, Prisca Thevenot, aux dernières élections de 2024 et qui elle-même a activement soutenue :
- Une réforme des retraites qui pénalise les travailleurs en allongeant la durée de cotisation et en réduisant les pensions
- Des politiques qui favorisent les plus riches et augmentent les inégalités sociales pat les réductions d’impôts pour les entreprises et les hauts revenus.
1 Le seuil de pauvreté est fixé par convention à 60 % du niveau de vie médian de la population. Il correspond à un revenu disponible de 1 216 euros par mois pour une personne vivant seule et de 2 554 euros pour un couple avec deux enfants âgés de moins de 14 ans.
- Des conditions d’indemnisation plus strictes et des montants d’allocations réduits de l’Assurance Chômage.
- Des restrictions budgétaires imposées aux hôpitaux publics qui dégradent la qualité des soins.
Mais venons-en à mon deuxième zoom : le domaine « Logement social » dont monsieur le Maire est si fier :
27,27 % de logements sociaux et notre Maire nous dit « c’est excellent, on s’arrête là » car sinon « Ghetto, misère violence » !
- Mais où vivez-vous, quel lien entre les HLM et les poubelles qui brulent ? j’appelle cela un préjugé de classe !
- Et ne soyons pas trop fiers car dans ce parc HLM :
- Seulement 20% du parc locatif HLM pour des familles
- Seulement 16% sur le contingent de la ville
27,7 % ce n’est pas tant quand on sait que les demandes ne font que croitre et sont motivées. En effet :
- 60% de demandes pour Sèvres en première intention
- De nombreuses demandes de plus de 10 ans et pour des personnes solvables
- Plus de 1000 appels au CCAS en 2023
Mais ce n’est pas le seul problème en matière de politique de logement, voyez votre politique
- Seulement 3 aides du CCAS en 2023 au maintien dans le logement (ASLL aides aux ménages en difficultés)
- Un non-remplacement de 6 mois de l’unique Conseillère (économie sociale et solidaire) pendant son congé de maternité
Des allocations chauffage pour seulement 54 personnes et que pour des personnes âgées >65 ans2 alors que la médiane des demandeurs d’HLM est à 40 ans.
- Seulement 6 aides au logement (FSL) pour un soutien total tellement modeste de 6472 € dont 3750,01 € du département
- et pourquoi seulement 6 aides au logement en 2023 ? Alors qu’il y en avait 76 en 2022 et 91 en 2021 ?
Est-ce tout ? Non car là aussi l’équipe municipale s’est engagée aux élections régionales en 2020 avec un soutien appuyé notamment du Maire ès-qualité à la candidate V Pecresse qui avait alors un « beau projet ».
Or en pleine crise du logement, la région IdF n’a rien trouvé de mieux que de voter
aujourd’hui le 19 décembre 2024, en contradiction avec ses engagements, la suspension des subventions au logement de la région soit 74 M€ en moins auquel s’ajoute une baisse des subventions de réhabilitation. Alors même que le Nombre de création d’appartement n’a jamais été aussi bas depuis 16 ans.
Et vous pouvez encore ajouter
- un PLUI co présidé par le Monsieur le Maire qui refuse de s’engager sur
l’augmentation des seuils de HLM dans un des départements les plus riches de France - et un gouvernement Marcron soutenu par plusieurs adjoints de l’équipe municipale qui a cherché à rendre l’accès aux logements plus difficile pour les ménages modestes en touchant aux APL
Je m’arrêterai là car je voulais vous montrer que la politique sociale c’est un tout. Elle n’est jamais locale : C’est un ensemble de dispositifs du local au national et de ce point de vue la cohérence est totale entre Sèvres et le national, totalement catastrophique et nous oppose également totalement.
Cheque énergie 100 € : facture moyenne énergie 6 MWh/an = 0,2 *6000= 1200 €
- Frédéric Puzin
Il s’agit d’une analyse des besoins sociaux (ABS) qui doit être menée. L’ABS n’est donc pas un objectif en soi, mais un dispositif visant à concevoir un plan d’action social. « L’action sociale et médico-sociale tend à promouvoir, l’autonomie et la protection des personnes, la cohésion sociale, l’exercice de la citoyenneté, à prévenir les exclusions et à en corriger les effets. »
On ne voit pas forcément les conclusions pratiques du travail de compilation effectué. D’année en année, le rapport est un copier-coller au mot près. Seuls changent les chiffres.
Cela témoigne de l’activité des différentes structures, mais pas du tout des lignes directrices en matière sociale de la ville.
Il manque peut-être une volonté de faire évoluer une structure Il y a une vision de l’action sociale qui a depuis longtemps dépassé le stade de la simple aide ponctuelle du type colis alimentaire ou repas des anciens pour s’inscrire dans une logique de développement social durable qui concerne toute la population.
Vieillissement de la population, taux en baisse de fécondité, nouvelles formes de précarité, évolutions des modes et des conditions de vie, nouvelles mobilités géographiques, mutations économiques… Ces changements ont un impact et il faut répondre aux besoins d’équipements et de services sociaux de proximité qu’elles engendrent.
Ces évolutions renvoient à des questions : quelle offre de services publics sur le territoire ? Comment prendre en charge les problématiques de l’isolement, de la monoparentalité, de la santé, etc. ? Comment éviter le déclin démographique dans certaines zones ? C’est bien le cas à Sèvres. Comment répondre aux besoins des nouvelles populations ?
Il faut faire une nouvelle analyse des besoins sociaux qui n’évolue pas depuis des années. Il y a un travail statistique sérieux à effectuer.
Le rapport fait un étalage d’actions menées par le CCAS et différents partenaires sociaux la plupart caritatifs, subventionnés par les sévriennes et sévriens. Il faut notamment que toutes les données des différents partenaires, particulièrement ceux qui ne vivent que grâce à une subvention publique et effectuent des missions de service public soient consolidés dans le rapport avec le CCAS. « La Maison de la famille » assure des missions de service public au service de la collectivité publique, concrètement et on n’est pas loin de l’association transparente.
Le logement est toujours d‘une accessibilité très difficile et au contraire de ce qui était indiqué par votre municipalité tout en sachant que la marge de manœuvre est très faible.
Il y a extrêmement peu de logements attribués par la Ville (16 en 2023) et on voit que les besoins sont très importants. Dimensions trop réduites et coûts sont mis en avant par celles et ceux qui veulent changer de résidence « sociale »
Le rapport de l’association INSERT TOIT qui s’occupe des logements passerelles est préoccupant. Sur les 4 logements dont 2 sont non libérés, et ils devraient l’être au bout d’un an et une possibilité d’action municipale proche du zéro.