Tribune dans le Sévrien de décembre 2024
L’attractivité d’une commune, son dynamisme, ne se mesurent pas en nombre de restaurants et en palmarès de ville fleurie. Le meilleur indicateur ce sont tout simplement les naissances qui le donnent. En 2000, nous accueillions près de 400 nouveau-nés par an. 23 ans plus tard, nous en avons perdu plus de la moitié : seulement 200 naissances en 2023 avec une population équivalente d’un peu moins de 23 000 habitant.e.s. Si la natalité est en baisse en France, elle ne l’est pas dans les proportions abyssales de notre ville. A Sèvres, il y a moins d’une naissance pour 100 habitants chaque année. A quelques kilomètres, c’est un ratio d’une naissance et demie pour 100.
Le foncier est cher, il manque de logements locatifs à prix abordable, le niveau des pollutions visuelles, acoustiques et de l’air sont très élevés sur notre ville, les déplacements sont dangereux pour les mobilités douces, piétons, vélos, poussettes. On est effrayé par l’état de délabrement d’équipements publics tel le gymnase et la piscine. La vallée est abandonnée sur ses parties les plus peuplées et les plus populaires. On comprend bien pourquoi les familles désertent Sèvres.
Ce mouvement démographique aura des effets sur les structures d’accueil de la petite enfance. Nombre de classes de maternelle, d’élémentaire fermeront en cascade et sans doute des écoles entières. Perte des services publics et des emplois liés : c’est une saignée lente, mais continue et qui est fatale au dynamisme de notre ville. Disparition de la gendarmerie, de l’accueil EDF-GDF, de la maternité, des urgences, de l’ANPE, des Assedic, des pompiers… demain, des crèches et des écoles !
Le maintien du centre des impôts et du commissariat est également remis en cause par le projet de « Cœur de ville », alors que la promesse électorale d’implantation d’un centre de médecins à l’hôpital a fait long feu !
La majorité actuelle tient un double langage, faisant croire que Sèvres veut accueillir plus de familles, mais elle s’oppose à la possibilité de les loger en refusant de favoriser un nombre plus important d’appartements d’au moins 3 pièces dans le parc social et en interdisant aux propriétaires de surélever d’un niveau leur maison. Le prix du foncier est trop élevé pour les jeunes couples avec enfants et aucune politique familiale n’est mise en œuvre. Au contraire l’inaction vaut baisse démographique et la perte de notre diversité d’âges et de milieux sociaux.
Restreindre les espaces de jeux pour les enfants, ignorer les besoins en logements, notamment des parents « solo », et s’obstiner à vouloir qu’on se « promène » dans notre ville, ce sont les points forts du mandat du maire sortant.